l’unité catholique

l’unité catholique

    L’Église peut être critiquée, et elle l’est effectivement. Et pourtant elle tient bon. Si parfois elle tombe à terre, elle ne s’effondre pas complètement. Toujours elle se relève et demeure. Nous le savons, l’Église ne vient pas des hommes, mais de Dieu. Elle est une institution voulue par Jésus, Dieu Sauveur, afin de révéler et communiquer le salut à tous les hommes. Qu’est-ce que le salut ? Une personne qui se lève et décide de donner sa vie par amour. Elle ne donne pas seulement du temps, de l’argent, des talents ou des compétences, non, elle donne sa vie, toute sa vie avec ses richesses et ses faiblesses. Ses faiblesses surtout où se déploient la grâce du Christ.

     Tout homme au fond de lui désire donner sa vie. La plupart le font par le mariage où l’homme et la femme se donnent l’un à l’autre pour toute la vie. Mais souvent ce désir se révèle inaccessible ; quelque chose en l’homme le conduit à faire le contraire de ce qu’il veut, le contraire de l’amour. Il prend pour lui, il garde, il s’appuie sur ses richesses, bref il s’isole et le péché le referme sur lui-même alors qu’il est par nature un être de communion.

     Je reviens de Corée où j’ai participé à l’ordination de deux prêtres. Nous sommes de l’autre côté du globe avec une culture, une langue, une tradition et une histoire bien différentes des nôtres. Nous avons peu de points communs hormis l’humanité que nous partageons, c’est-à-dire cette vie de communion des personnes. Il est marquant de voir en Corée, comme en France, des hommes se lever pour donner leur vie pour le Christ et pour l’Église. Par eux le Christ est présent dans le monde et permet aux hommes de se lever et de vivre pleinement leur vocation à aimer. Que le Christ soit reconnu en France et en Corée comme le bien véritable de l’homme est un mystère. Il nous révèle la vraie nature de l’Église capable d’être intégrée à toutes les cultures. Comme Dieu par Jésus rejoint tous les hommes, l’Église catholique s’incorpore à toutes les cultures, permettant à chaque homme de répondre à sa vocation sans renoncer à ce qu’il est. Là réside l’unité catholique à laquelle nous sommes appelés.

     Du 18 au 25 janvier nous prions pour l’unité des chrétiens. Rendons grâce pour cette unité qui se révèle à travers tant de différences et prions pour que les divisions entre les églises ne l’emportent pas sur cette unité première.

Votre aumônier,

Geoffroy de Talhouët