« Une religion mystique »

« Une religion mystique »

Voilà deux mots qui sont rarement accolés et qui disent ce qu’il y a de singulier dans le christianisme. Deux mots empruntés à Péguy (Dialogue de l’histoire et de l’âme charnelle) pour dire la religion du salut. Jésus n’est pas venu en sage nous délivrer un enseignement nouveau, il est venu en Dieu pour sauver les hommes. La présence de Dieu révèle le péché de l’homme et lui communique sa sainteté. Ainsi l’Église est-elle constituée de saints et de pécheurs.

C’est d’une importance capitale. Notre société a rejeté et le péché et la sainteté. Elle a rejeté le péché qui culpabilise l’homme. Le péché serai la cause de tous les maux dont il souffre car il condamnerai le mouvement même de sa nature. Elle a également rejeté la sainteté en en faisant un « idéal » hors d’atteinte et elle lui a substitué d’autres objectifs plus « humains ». Enlevez les pécheurs et les saints et il ne reste que l’homme livré à lui-même, à ses passions, à ses désirs, à ses démons. Il ne reste plus que l’homme idolâtre qui tente de vivre « humainement » dans un monde où la souffrance est son pain quotidien.

Croyons-nous que Dieu est venu pour faire de nous des saints ? Croyons-nous que l’Église est sainte ? Croyons-nous que nous sommes des pécheurs appelés à la sainteté ? Croyons-nous que cette sainteté nous est donnée par le Christ dans l’Église sans aucun mérite de notre part ? Croyons-nous qu’il y a eu de grands pécheurs et de grands saints dans l’histoire ? Que les saints étaient tous pécheurs avant d’être saints ? En un mot croyons-nous en Jésus Christ Sauveur des hommes ?

Le 1er novembre, c’est la Toussaint, la fête de tous les saints. Ceux du calendrier romain que nous connaissons, ceux de l’ancien calendrier que nous ne connaissons plus, la multitude de ceux qui nous précèdent dans la cité céleste. « Et nous qui marchons vers elle (la cité du ciel), nous hâtons le pas, joyeux de savoir dans la lumière ces enfants de notre Église que tu nous donnes en exemple » (préface de la Toussaint).

En novembre nous ferons connaissance d’une grande mystique, d’une grande sainte aussi (même si elle n’est pas encore reconnue par l’Église), Madeleine Delbrel. Nous lirons et étudierons ses écrits, « la sainteté des gens ordinaires », notre sainteté. Nous demanderons la grâce de nous reconnaître pécheurs pour accueillir la sainteté que Dieu nous donne.

Votre aumônier,

Geoffroy de Talhouët